Tanzanie

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Bonjour à tous,

Depuis longtemps, peut-être toujours, je suis frappée par les inégalités entre ici et ailleurs. Nous ne naissons pas tous avec les mêmes cartes en main. Même si un bon jeu de départ ne fait pas tout, il est souvent compliqué de changer de main… Me sentant privilégiée, je voulais partager cette chance. J’avais envie d’aider, de donner de mon temps, mais aussi de cet amour que je ressens.

Dès l’enfance, alors que je ne m’y étais jamais rendue, l’Afrique m’a attirée et fascinée… Depuis longtemps également, je désirais apporter quelque chose, une petite contribution, pour améliorer la vie de ses habitants. Mais comment ? Amener l’eau potable dans les villages reculés, construire une école ? De multiples idées ont germé, pour arriver à cette conclusion : je ne suis ni infirmière ni ingénieure… Ainsi, dans un recoin de ma tête, est née cette idée qui prend forme aujourd’hui…

Que sais-je faire le mieux ? Mon métier ! Créatrice de bijoux indépendante, ces deux dernières décennies, de nombreux projets m’ont passionnée, certains clients m’ont partagé leurs rêves… Mon atelier de création est l’endroit où je ne doute jamais; les heures défilent, mes sens sont en émoi. La créativité, le plaisir, la douceur et l’excitation, l’ivresse de ma passion, voilà ce que je suis, voilà ce que je veux partager !

La vie tisse bien sa toile puisque, chemin faisant, j’ai croisé celui d’Hubert. Bijoutier suisse, marié à une Tanzanienne, Noreen, ses projets se coordonnaient parfaitement avec mes idées. Lui aussi avait ce même rêve depuis plusieurs années : l’enseignement des techniques de bijouterie aux Africains, pour que les pierres extraites des mines soient travaillées sur place, et non ailleurs.
Comme une évidence, ensemble, nous avons mis en place ce projet, au nord de la Tanzanie. Il s’est réalisé dans la mine de Mundara, près de la ville d’Arusha, un carrefour convergeant diverses activités touristiques et propice à un marché local.

L’objectif était que les pierres sorties de cette mine, le rubis zoïsite, puissent être montées en bijou par les villageois eux-mêmes. De cette manière, ils pourraient les vendre, avec une valeur ajoutée, à Arusha ou ailleurs, même au-delà des frontières… En Suisse, peut-être ?

Ces gens marchent sur des rubis, mais pourtant, ils peinent à se nourrir… Alors qu’au contraire, à bien des endroits sur Terre, même si l’on ne marche sur rien, on peut s’acheter des yachts et vivre dans une abondance indécente. Partant de ce triste constat, pour valoriser les compétences des habitants de la région d’Arusha, leur montrer qu’ils peuvent peut-être faire différemment, avec Hubert, nous nous sommes engagés dans cette aventure humaine…

La première étape s’est déroulée à Dar-Es-Salaam, dans un atelier équipé pour la taille des pierres et la bijouterie. Nous avons donné des cours aux Tanzaniens, pour leur apprendre nos pratiques. Setiel et Harrys, qui parlent le swahili, ont été nos traducteurs.

La deuxième étape a débuté après trois jours de formation. Avec nos participants, nous nous sommes rendus dans les mines de Mundarara, à quelques heures du Kilimanjaro, car nous souhaitions partager nos connaissances avec le peuple massaï. Une boîte à bijouterie portative, confectionnée par Hubert, contenait le nécessaire à la fabrication d’un bijou sans soudure. Nous avons embarqué le minimum de matériel, pour ne pas rendre les participants dépendants de machines coûteuses à l’achat et en entretien.

Le chef de la mine avait invité cinq femmes massaïes. Nous avons choisi un arbre et trouvé une table, pour installer notre petit atelier. Nos participantes se sont montrées à l’écoute des traducteurs, attentives et appliquées. Nous riions, nous chantions… Elles étaient splendides, le partage était intense.

Après trois jours avec elles, chacune avait créé de ses mains trois à cinq bijoux. Nous leur avons laissé une boite à bijouterie, pour qu’elles transmettent ce savoir-faire à leurs amies. Mais ces graines que nous avons plantées, ces femmes vont-elles les faire germer et fleurir ? Lorsque nous reviendrons, auront-elles vendu l’ensemble du matériel ou aurons-nous réussi à leur donner envie de créer et de perpétuer ce que nous leur avons appris ? Ce qu’elles en feront reste un point d’interrogation.

Aujourd’hui, je suis rentrée depuis un peu plus deux mois… Cette expérience m’a appris que je n’allais pas pouvoir sauver le monde, et même qu’il était difficile d’aider… Car comment ne pas être maladroite, ne pas susciter de la jalousie ou des conflits ? Grâce à cette aventure humaine, j’ai réalisé que je devrais m’armer de patience et que ma petite contribution pour atténuer les inégalités serait la transmission de ma passion, le partage de mes connaissances.

Hubert retourne en juillet en Tanzanie, afin d’observer l’évolution du projet. Notre idée est d’y amener également des clients/ auxquels nous dispenserons le même cours qu’aux Massaïs. Cette organisation permettra aux différentes cultures de se mélanger, tout en donnant la possibilité aux indigènes de percevoir le potentiel commercial de leurs créations. De plus, la venue de ces clients payera en partie les mineurs et favorisera le développement du village.

Avez-vous envie de nous rejoindre et de faire partie de cette formidable aventure ? N’hésitez pas à consulter notre site Internet, pour davantage d’informations : https://www.free-form.ch

Merci de m’avoir lue.

Céline

Céline Barman

Créatrice de bijoux

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